L’algorithme YouTube ne pousse pas des vidéos, il suit des spectateurs. Ce n’est pas moi qui l’invente : c’est le fonctionnement que YouTube explique lui-même, et que Todd Beaupré, son directeur de la croissance et de la découverte, a redit en janvier 2025 puis en septembre 2026 dans deux entretiens publiés sur la chaîne Creator Insider. Une fois que tu as compris cette phrase, tu arrêtes de te battre contre un ennemi imaginaire.
Avant de commencer, dis-moi la vérité : est-ce que tu as déjà accusé l’algorithme pour une vidéo qui n’a pas marché ? Chez les coachs et les experts que je vois, c’est le réflexe numéro un, parce qu’une vidéo qui ne marche pas ressemble à un jugement sur leur compétence. Le problème, c’est que ce réflexe t’empêche de voir ce qui se passe vraiment. Alors on corrige ça : trois mécanismes, ce qui a changé en 2025 et 2026, et où mettre ton énergie.
La réponse courte
YouTube n’a pas un algorithme qui décide de ta chaîne. Il a un système de recommandation qui, chaque fois qu’une personne ouvre l’application, cherche quoi lui proposer à elle. Ta vidéo entre dans ce classement si elle ressemble à ce que cette personne a déjà aimé, et elle y reste si les gens à qui elle est proposée cliquent, restent, et disent ensuite qu’ils sont contents de l’avoir regardée.
Quand une vidéo ne décolle pas, ce n’est donc pas la machine qui t’a écarté, c’est le premier cercle de spectateurs qui n’a pas réagi. Et ça, ça se travaille.
Mécanisme 1 : YouTube mesure des réactions, pas de la qualité
Première chose à comprendre : l’algorithme ne regarde pas tes vidéos. Il n’a aucune opinion sur ton montage, ta lumière ou la profondeur de ton propos. Il mesure comment de vrais spectateurs réagissent à ta vidéo.
Concrètement, quand tu publies, YouTube propose ta vidéo à des spectateurs dont le profil correspond à ton contenu, sur leur page d’accueil, à côté d’une vidéo qu’ils regardent, ou dans une notification. Puis il observe ce qu’ils en font. Si les réactions sont bonnes, la vidéo remonte dans le classement de spectateurs similaires et les impressions augmentent. Si elles sont mauvaises, elle descend. C’est aussi simple, et aussi brutal, que ça.
Une précision qui change ta façon de lire tes chiffres : YouTube n’apprend pas « pour tout le monde en même temps ». Beaupré explique que le système apprend séparément pour des audiences différentes : une vidéo peut marcher mal auprès de tes abonnés et bien auprès de gens qui n’ont jamais vu ta chaîne. La décision ne se prend pas « sur la première heure ou sur les mille premières personnes », pour reprendre ses mots.
Ce que YouTube mesure vraiment
Trois familles de signaux, et aucune ne suffit seule. C’est YouTube qui le dit : aucun indicateur pris isolément n’est un bon indicateur de valeur.
Le clic. C’est le CTR, le taux de clic sur impressions : sur toutes les personnes qui ont vu ta miniature, combien ont cliqué ? YouTube donne un repère officiel dans son aide : la moitié des chaînes et des vidéos ont un CTR compris entre 2 % et 10 %. Et il prévient que ce chiffre se lit en contexte. Une vidéo qui ne touche que tes fidèles aura un CTR flatteur ; une vidéo qui atteint un large public sur la page d’accueil aura un CTR plus bas, ce qui n’est pas mauvais signe, c’est le signe qu’elle voyage.
Le temps. Une fois le clic obtenu, combien de temps les gens restent ? YouTube regarde le temps absolu et le temps relatif, parce que, selon Beaupré, cinq minutes passées sur une vidéo de deux heures ne veulent pas dire la même chose que cinq minutes sur une vidéo de cinq minutes. Dans YouTube Studio, c’est la durée de visionnage moyenne et le pourcentage moyen visionné, et la courbe de rétention te montre où les gens partent. L’aide YouTube ajoute une nuance : un CTR élevé avec une durée de visionnage faible, c’est le profil de la miniature qui promet plus que la vidéo ne tient, et le système ne recommande pas ça longtemps.
La satisfaction. C’est la famille la moins connue, et celle qui explique le mieux 2026. YouTube pose directement la question aux spectateurs, avec des enquêtes intégrées dans l’application. Dans son texte de référence de 2021, Cristos Goodrow, vice-président de l’ingénierie, explique que seules les vidéos notées quatre ou cinq étoiles comptent comme du « temps de visionnage de valeur ». En 2025, Beaupré précise que YouTube collecte des millions de réponses et les injecte dans le système, pour repérer les vidéos qui apportent plus de valeur par minute que le seul temps passé ne le laisserait croire. Les likes, les dislikes, les commentaires, les partages et le bouton « Pas intéressé » complètent le tableau.
Pour toi, coach ou expert, ça veut dire une chose : tu n’as pas à produire des vidéos plus longues ou plus spectaculaires, mais des vidéos dont les gens sortent en se disant « ça valait mon temps ». C’est ta compétence de métier. Le système ne fait que la mesurer.
Mécanisme 2 : il n’y a pas un algorithme, il y en a plusieurs
Deuxième idée reçue à démonter : on parle de « l’algorithme » comme s’il n’y en avait qu’un. En réalité, chaque surface de YouTube a le sien, et ils ne jouent pas au même jeu : la recherche, la page d’accueil, la colonne « À suivre » à côté d’une vidéo, le flux Shorts.
La recherche : répondre à une question
L’algorithme de la recherche répond à des questions. Quelqu’un tape « comment faire un live avec son téléphone », YouTube lui propose les vidéos qui répondent le mieux. Trois critères officiels : la pertinence (titre, description, tags et contenu de la vidéo par rapport à la requête), l’engagement (le temps de visionnage obtenu par cette vidéo sur cette requête précise) et la qualité (les signaux qui montrent qu’une chaîne fait preuve d’expertise, d’autorité et de fiabilité).
Sur ma chaîne, la recherche représente plus de la moitié des vues. Et ces vues arrivent parfois des années après la publication : une vidéo qui répond à une vraie question continue de travailler pour toi longtemps. Pour un expert, c’est la surface la plus naturelle, parce que ton métier consiste déjà à répondre aux questions de tes clients. Si tu ne sais pas lesquelles, la méthode pour trouver des idées de vidéos YouTube part précisément de là.
Les suggestions et l’accueil : suivre des habitudes
L’algorithme des suggestions suit les habitudes. Il regarde ce qu’un spectateur vient de voir, ce qu’il regarde d’habitude, et il lui propose la suite logique. YouTube décrit ce principe depuis 2021 : si tu aimes des vidéos de tennis et que d’autres amateurs des mêmes vidéos aiment aussi le jazz, tu verras du jazz. C’est un jeu d’affinités entre spectateurs, pas de mots-clés. La page d’accueil fonctionne pareil, sans vidéo de départ : YouTube y mélange recommandations, vidéos de tes abonnements et actualité.
Ces surfaces pèsent lourd : Goodrow écrit que les recommandations génèrent davantage de visionnage que les abonnements ou la recherche. Et Beaupré ajoute en 2026 un détail à méditer : le premier endroit où les gens regardent les vidéos des chaînes auxquelles ils sont abonnés, ce n’est pas l’onglet Abonnements, c’est la colonne de suggestions pendant qu’ils regardent une autre chaîne.
Une vidéo pensée pour la recherche doit répondre clairement à une question précise. Une vidéo pensée pour les suggestions doit s’inscrire dans un univers que les spectateurs consomment en série. Avant de changer quoi que ce soit, regarde tes sources de trafic dans YouTube Studio : beaucoup de créateurs appliquent les conseils d’un jeu alors que leur chaîne vit de l’autre.
L’algorithme des Shorts : un autre jeu, avec ses propres règles
Dans le flux Shorts, personne ne clique sur une miniature. La vidéo se lance toute seule, et la seule décision du spectateur, c’est de rester ou de balayer. YouTube a donc changé la mesure. Depuis le 31 mars 2025, une vue Short est comptée dès que la vidéo démarre ou redémarre, sans durée minimale, et YouTube a créé à côté les vues engagées, celles où le spectateur a choisi de continuer. YouTube Studio affiche pour ça deux indicateurs dédiés : « Diffusions dans le flux » et « Visionnés (au lieu d’être ignorés) ».
Ce que le classement du flux Shorts regarde, selon l’aide officielle : le pourcentage de spectateurs qui ont choisi de regarder, la durée moyenne et le pourcentage moyen visionné, puis les likes et les enquêtes après visionnage.
Et la question que tout le monde se pose : est-ce que faire des Shorts abîme mes vidéos longues ? La réponse de YouTube est écrite dans son aide : la performance des Shorts n’a pas d’impact négatif sur les recommandations des vidéos longues. Beaupré va dans le même sens : si un spectateur aime tes deux formats, YouTube lui montrera les deux ; s’il n’en aime qu’un, YouTube apprendra à ne lui montrer que celui-là. Le format court n’est pas un risque pour ta chaîne, c’est une porte d’entrée différente, qui demande une construction différente : les trois premières secondes, une seule idée, une fin qui donne envie de revoir. J’ai détaillé cette construction dans comment structurer une vidéo courte qui retient l’attention.
Tableau récapitulatif : les surfaces et ce qu’elles récompensent
| Surface | Ce qu’elle récompense d’abord | Ce que tu contrôles |
|---|---|---|
| Recherche | La pertinence du titre, de la description et du contenu, puis le temps de visionnage obtenu sur la requête | Le choix d’une vraie question et une réponse nette |
| Page d’accueil | Le clic sur impression et la durée de visionnage auprès de spectateurs similaires, puis la satisfaction déclarée | La miniature, le titre, la promesse tenue |
| Suggestions (À suivre) | L’affinité avec la vidéo en cours et les habitudes du spectateur | La cohérence de ton univers, les séries, les vidéos qui s’appellent entre elles |
| Flux Shorts | La part de spectateurs qui regardent au lieu de balayer, la durée et le pourcentage visionné, les likes et les enquêtes | Les premières secondes, une idée unique, la relecture |
| Abonnements et notifications | Le clic de tes fidèles, lu comme une audience parmi d’autres | La régularité, la promesse de chaîne |
Mécanisme 3 : de la mémoire, pas de rancune
Troisième mécanisme, et c’est celui qui libère le plus de créateurs quand ils le comprennent : l’algorithme a de la mémoire, mais il n’a pas de rancune.
Chaque vidéo repasse son examen. Ta dernière vidéo a fait un mauvais score ? La suivante repart avec sa propre chance, jugée sur ses propres chiffres. Ce n’est pas une intuition de créateur, c’est écrit dans l’aide de YouTube : la sous-performance d’une vidéo ne pénalise pas la chaîne dans son ensemble. Beaupré le formule à sa manière : « si ta dernière vidéo n’était pas terrible et que la suivante est excellente, nous voulons réaliser le potentiel de chaque vidéo ». Il ajoute que le système évite de surpondérer les données passées quand elles ne prédisent pas la performance future. Il n’existe pas de « chaîne grillée » chez YouTube.
En revanche, la mémoire existe dans l’autre sens : la régularité accumule les signaux. Chaque vidéo qui trouve son public apprend à YouTube qui est ton audience, quel type de spectateur clique et reste jusqu’au bout. Plus ton contenu est cohérent, plus ce profil se précise, et mieux les premiers spectateurs de tes prochaines vidéos sont choisis. Attention à ne pas confondre régularité et fréquence : YouTube recommande une présence durable et une qualité constante plutôt qu’un rythme élevé, et indique que l’heure de publication n’a pas d’impact connu sur la performance à long terme.
Donc quand une vidéo flope, ne dramatise pas, et quand une vidéo cartonne, ne t’endors pas. C’est de la mécanique, pas une punition. Et la mécanique, elle récompense ceux qui restent.
Ce qui a changé en 2025 et 2026, selon YouTube
Le principe de base n’a pas bougé. Ce qui a changé, c’est la précision avec laquelle YouTube l’explique, et trois évolutions qui touchent directement un expert qui publie.
Le rôle réel de l’abonnement
C’est le point le plus contre-intuitif de l’entretien de septembre 2026. Beaupré conseille d’aller regarder, dans les sources de trafic, la ligne « Flux Abonnements », parce que c’est la seule zone de YouTube où aucun algorithme n’intervient : un flux chronologique des chaînes suivies. Et il annonce ce que la plupart des chaînes y trouvent : un taux de clic d’environ 10 % ou moins. Autrement dit, même sur tes meilleures vidéos, neuf fois sur dix ton audience abonnée ne décide pas de regarder. Pas parce qu’elle ne t’aime plus : parce qu’elle a plus de contenu qu’elle n’a de temps.
Deux conséquences. D’abord, YouTube écrit que le nombre d’abonnés reflète le nombre de fois où des gens se sont abonnés, pas la taille de ton audience active. Ne te mesure donc pas à ce chiffre. Ensuite, le système ne cherche pas à montrer ta vidéo à tous tes abonnés, il cherche le sous-ensemble d’abonnés susceptibles de vouloir cette vidéo-là. Et Beaupré déconseille explicitement de décocher la notification des abonnés « pour protéger » une vidéo : tu priverais le système d’une audience qu’il apprend séparément des autres.
Le nombre d’abonnés est donc un signal parmi d’autres, ni un moteur ni un plafond. Si tu es encore en dessous du premier palier, comment avoir 1 000 abonnés sur YouTube applique la même logique : ce sont les vidéos qui font les abonnés, pas l’inverse.
Le moment d’ouverture compte autant que la vidéo
Beaupré insiste sur un point qui reformule tout : la recommandation s’active quand un spectateur ouvre son application ou allume sa télévision. À cet instant, le système prend en compte l’heure, l’appareil, ce que la personne regarde d’habitude, et assemble un classement pour elle. Deux personnes n’obtiennent jamais le même classement.
Ça explique un démarrage lent que beaucoup lisent de travers : les gens qui reçoivent la notification en attendant leur café regarderont ta vidéo longue le soir, sur leur télévision, et YouTube cherche à mieux gérer ce décalage. Beaupré corrige au passage une croyance tenace : YouTube ne « pousse » pas les vidéos longues, ce sont les spectateurs qui regardent de plus en plus sur télévision et qui en demandent. La flaque n’a pas causé la pluie.
Doublage automatique et multilingue
Troisième évolution, vérifiée sur le blog officiel de YouTube. Le 10 septembre 2025, YouTube a étendu l’audio multilingue à des millions de créateurs après deux ans de pilote, en indiquant que les créateurs qui l’utilisent voient en moyenne plus de 25 % de leur temps de visionnage venir d’une langue autre que la langue d’origine. Le 4 février 2026, YouTube a annoncé que le doublage automatique est disponible pour tous, en 27 langues, avec une voix « expressive » qui reproduit l’énergie de l’original dans huit langues, dont le français.
Ce qui compte pour la recommandation, Beaupré l’avait expliqué dès janvier 2025 : le système sait qu’une vidéo existe en plusieurs langues, et il apprend les signaux de chaque piste séparément. Une vidéo peut donc marcher en espagnol et pas en anglais, et YouTube la distribuera en conséquence. Son conseil pratique : traduire aussi les titres et les descriptions. Pour un coach francophone dont l’expertise voyage, c’est une surface de plus, pas une obligation.
Où mettre ton énergie selon ta situation
La feuille de route dépend de là où tu en es. Voici les deux cas que je rencontre le plus souvent chez les coachs et les experts que j’accompagne.
Ta chaîne démarre
Personne ne t’a dans son historique. Beaupré explique que le système a des composantes qui n’en dépendent pas et qui cherchent la correspondance entre le sujet de ta vidéo et les préférences du spectateur : si des spectateurs mordent, il construit à partir de là. Ton seul levier, c’est donc la clarté du sujet.
- Joue la recherche d’abord. Une vidéo qui répond à une question précise que tes clients te posent déjà a une surface où la nouveauté de ta chaîne ne compte presque pas : la requête.
- Fais cliquer. Ton titre et ta miniature sont la porte d’entrée. Sans clic, même la meilleure vidéo du monde reste invisible.
- Tiens ta promesse. La rétention et la satisfaction déclenchent les impressions suivantes. Une miniature qui promet plus que la vidéo ne tient te coûte deux fois.
- Reste sur un territoire lisible. Pas parce que YouTube « range » ta chaîne dans une catégorie, mais parce que des vidéos qui se ressemblent construisent plus vite le profil de ton audience.
Ta chaîne stagne
Tu publies depuis des mois, parfois des années, et les chiffres ne bougent plus. Le réflexe « l’algorithme m’a lâché » est le plus tentant, et le plus faux. Ce que je vois le plus souvent, c’est une chaîne qui a épuisé son premier cercle sans construire de pont vers le suivant.
- Lis la ligne « Flux Abonnements » de tes sources de trafic. C’est ton laboratoire sans algorithme. Si ton CTR et ta durée de visionnage y baissent de vidéo en vidéo, le problème est dans le contenu, pas dans la distribution.
- Regarde d’où viennent tes vues. Si tu vis de la recherche, ce sont tes sujets qu’il faut renouveler. Si tu vis des suggestions, c’est la cohérence de ta série qu’il faut retravailler. Ma chaîne vit surtout de la recherche, et c’est chaque fois le sujet, pas la miniature, qui a débloqué un palier.
- Sépare la question « vues » de la question « clients ». Beaupré lui-même rappelle qu’un créateur peut viser une conversion plutôt qu’une audience. Une vidéo qui fait peu de vues mais amène trois bons rendez-vous est une vidéo qui marche. Pour un expert, c’est souvent la seule mesure qui compte.
- Change une chose à la fois. Une expérience qui ne prend pas ne bride pas ta chaîne, YouTube le dit. Mais si tu changes tout en même temps, tu n’apprends rien.
Si tes vidéos ne font vraiment aucune vue, ce n’est plus une question d’algorithme mais de diagnostic : je t’ai écrit le diagnostic complet quand tes vidéos ne font pas de vues. Si ta chaîne a des vues mais n’avance pas, pourquoi ma chaîne YouTube ne décolle pas reprend les causes une par une. Reste ensuite à transformer ces principes en plan semaine par semaine, ce qui est un travail de stratégie de contenu à part entière.
Les trois erreurs qui coûtent le plus
Décocher la notification des abonnés pour « protéger » une vidéo. YouTube apprend séparément la réaction de tes abonnés et celle des inconnus. En privant tes fidèles de la vidéo, tu ne protèges rien, tu retires une audience du test.
Juger une vidéo sur ses premières heures. Beaucoup de vidéos font leur pic le premier jour, mais beaucoup d’autres font la majorité de leurs vues un mois plus tard ou bien après, quand le sujet est durable. Le système continue de chercher des spectateurs tant qu’il en trouve. Une vidéo qui répond à une vraie question a le temps.
Supprimer les vidéos qui ont « mal marché ». Puisqu’aucune vidéo ne pénalise ta chaîne, tu ne gagnes rien à effacer, et tu perds une vidéo qui peut redevenir pertinente quand un nouveau sujet la remet en lumière. Beaupré décrit précisément ce cas : une vidéo qui retrouve une audience six mois plus tard, parfois différente de la première.
Ce qu’il faut retenir
L’algorithme YouTube n’est ni un allié ni un adversaire : c’est un système de mesure centré sur chaque spectateur. Il propose ta vidéo, observe si les gens cliquent, restent et se disent satisfaits, et élargit ou arrête la distribution en fonction. Il joue plusieurs jeux en parallèle, la recherche, l’accueil, les suggestions, les Shorts, et tes sources de trafic te disent lequel est le tien. Il ne garde aucune rancune : chaque vidéo est un nouvel examen.
La prochaine fois qu’une vidéo ne marche pas, ne cherche pas le coupable dans la machine. Ouvre tes statistiques, regarde ton taux de clic, ta durée de visionnage et ta ligne « Flux Abonnements », et pose-toi la seule question utile : qu’est-ce que les spectateurs m’ont dit à travers ces chiffres ? Et si tu es coach ou expert, ajoute la question qui compte vraiment : est-ce que les bonnes personnes m’ont trouvé ?
Sources
- « YouTube Algorithm 2026 - What Creators Need to Know », entretien de Todd Beaupré (Senior Director of Growth & Discovery, YouTube) avec Rene Ritchie, chaîne Creator Insider, publié le 1er septembre 2026, consulté le 17 septembre 2026 : https://www.youtube.com/watch?v=rHLjxrbXmmY
- « The YouTube Algorithms in 2025, Explained! », entretien de Todd Beaupré avec Rene Ritchie, chaîne Creator Insider, publié le 23 janvier 2025, consulté le 17 septembre 2026 : https://www.youtube.com/watch?v=dhYIb72L1hU
- « On YouTube’s recommendation system », Cristos Goodrow (VP Engineering, YouTube), YouTube Official Blog, 15 septembre 2021, consulté le 17 septembre 2026 : https://blog.youtube/inside-youtube/on-youtubes-recommendation-system/
- « How YouTube recommendations work », Aide YouTube (page issue de How YouTube Works), sans date, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/16089387
- « YouTube’s Recommendation System », Aide YouTube, sans date, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/16533387
- « Good to know about recommendations for YouTube’s recommendation system », Aide YouTube, sans date, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/16559651
- « How YouTube search works », Aide YouTube (page issue de How YouTube Works), sans date, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/16090438
- « Search & discovery tips », Aide YouTube, versions Vidéo et Shorts, sans date, consultées le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/11914225
- « Impressions and click-through rate », Aide YouTube, sans date, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/7628154
- « Get started with YouTube Shorts » (comptage des vues depuis le 31 mars 2025, vues engagées), Aide YouTube, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/10059070
- « Content tab analytics tips, Shorts » (indicateurs « Shown in feed » et « Viewed vs swiped away »), Aide YouTube, consultée le 17 septembre 2026 : https://support.google.com/youtube/answer/12942217
- « Unlock a world of viewers with multi-language audio », Ritz Campbell, YouTube Official Blog, 10 septembre 2025, consulté le 17 septembre 2026 : https://blog.youtube/news-and-events/multi-language-audio/
- « Unlocking a global audience with auto dubbing », Chandralekha Motati, YouTube Official Blog, 4 février 2026, consulté le 17 septembre 2026 : https://blog.youtube/news-and-events/youtube-auto-dubbing-expressive-speech/
Questions fréquentes
Comment fonctionne l'algorithme YouTube en 2026 ?
YouTube ne pousse pas une vidéo vers une masse de gens. À chaque ouverture de l'application, le système assemble un classement pour ce spectateur précis, à partir de son historique, de ses recherches, de ses abonnements et du contexte (appareil, moment de la journée). Une vidéo gagne des impressions quand les personnes à qui elle est proposée cliquent, restent et se disent satisfaites dans les enquêtes. Aucun de ces signaux ne compte seul.
L'algorithme des Shorts est-il différent de celui des vidéos longues ?
Oui, sur deux points. Le flux Shorts n'a pas de miniature à cliquer : YouTube mesure la part de spectateurs qui regardent au lieu de balayer, la durée moyenne et le pourcentage visionné, puis les likes et les enquêtes après visionnage. Et YouTube indique noir sur blanc que la performance des Shorts n'a pas d'impact négatif sur les recommandations des vidéos longues d'une même chaîne.
Comment réinitialiser l'algorithme YouTube pour sa chaîne ?
Il n'y a rien à réinitialiser côté créateur, parce que le système évalue chaque vidéo pour chaque spectateur, pas une note attribuée à ta chaîne. YouTube affirme qu'une vidéo qui sous-performe ne pénalise pas la chaîne dans son ensemble. Ce qu'un spectateur peut réinitialiser, c'est son propre historique de visionnage, ce qui change ses recommandations à lui, pas la distribution de tes vidéos.
Pourquoi mes vidéos YouTube ne sont pas recommandées ?
Parce que les premiers spectateurs à qui elles ont été proposées n'ont pas assez cliqué, pas assez regardé, ou n'ont pas exprimé de satisfaction. Ce n'est pas une sanction, c'est une mesure. Regarde ton taux de clic, ta durée de visionnage moyenne et tes sources de trafic dans YouTube Studio : chacun des trois désigne un chantier différent.
Combien de temps avant que YouTube pousse une vidéo ?
Il n'y a pas de délai fixe. YouTube indique que beaucoup de vidéos font leur pic le premier jour, mais que beaucoup d'autres font la majorité de leurs vues un mois plus tard, voire bien après, quand le contenu répond à une question durable. Le système ne se décide pas sur la première heure ni sur les mille premiers spectateurs, et il continue de tester une vidéo tant qu'il trouve des spectateurs intéressés.